Glyphosate: l’ECHA exclut à son tour le risque cancérigène

On était impatient de savoir quel échelon de risque l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) attribuerait à la substance herbicide glyphosate. A présent, les choses sont claires. Comme d’autres avant elle, cette autorité ne voit pas de raison de classer le glyphosate parmi les agents cancérigènes.

L’autorisation d’un produit phytosanitaire est limitée dans le temps et réexaminée à intervalles réguliers. Dans l’UE, la prolongation de l’autorisation donnée à l’herbicide glyphosate était en fait prévue jusqu’en 2016.

Sur la base d’un dossier fort de plus de 1000 nouvelles études scientifiques, l’EFSA, autorité européenne de sécurité des aliments, n’a identifié aucun danger nouveau en lien avec cette substance, qu’elle continue dès lors de juger non cancérigène.

En 2015, une évaluation sujette à caution du glyphosate par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC-IARC), qui l’avait cataloguée comme étant “probablement cancérogène”, avait créé l’incertitude et la perplexité.

Bien que l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques BfR, l’EFSA, le Comité d’experts de l’OMS/FAO, le “Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues (JMPR)” ainsi que les autorités de surveillance de nombreux pays aient jugé cette substance inoffensive, les Etats membres de l’UE n’ont pas réussi à s’entendre sur l’attitude à adopter. La Commission européenne a prolongé provisoirement l’autorisation de 18 mois, jusqu’à fin 2017. La récente évaluation de toxicité du glyphosate par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) devrait donc constituer une base de décision définitive. Sur tout le territoire de l’UE, cet organisme est chargé de veiller à l’application de produits chimiques dans de bonnes conditions de sécurité, au titre de la protection environnementale et sanitaire.

Le 15 mars 2017,  l’ECHA a donc présenté son évaluation. Laquelle conclut que le glyphosate n’est ni cancérigène, ni mutagène, ni toxique pour la reproduction. Il convient cependant, précise l’ECHA, de se protéger les yeux en manipulant cette substance – tout comme de nombreux autres produits chimiques – et éviter le contact direct avec les eaux en raison de ses effets nocifs sur certains organismes aquatiques. Pour autant, aucune base d’appréciation scientifique ne justifie son interdiction.

En Suisse, le 16 mars 2017, deux motions (15.3411, 15.3423) ont été déposées au Conseil national demandant l’interdiction du glyphosate. Devant les conclusions de l’étude ECHA, elles ont toutefois été retirées avant le vote parlementaire. Un postulat du groupe des Verts (15.3452), qui demandait au Gouvernement de reconsidérer la dangerosité du glyphosate et les autorisations dont il bénéficie, a été rejeté par 119 voix contre 68.

Les Etats membres de l’Union européenne prendront à ce sujet une décision politique dans le courant de 2017. Souhaitons qu’ils sauront tenir compte, ce faisant, des conclusions scientifiques des autorités compétentes.

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